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Dans le numéro d’octobre du Journal canadien des entraîneures, les auteures Alixandra Krahn, Parissa Safai et Michele Donnelly traitent d’une question fondamentale qui laisse perplexe et préoccupe les femmes dans les hautes sphères du système sportif, non seulement au Canada, mais aussi dans une grande partie du monde : où sont les entraîneures?

Il est indéniable que le nombre de filles et de femmes dans le monde du sport est sans précédent et ne cesse de croître, et ce, dans pratiquement tous les domaines. Elles participent en nombre pratiquement égal à toutes les grandes compétitions sportives, elles excellent dans tous les sports, elles sont à la pointe de l’innovation technique, leurs travaux de recherche sont exceptionnels et elles sont à la tête d’organismes sportifs influents, où elles jouent un rôle de pionnières. Dans ce dernier cas, il y a par exemple Lorraine Lafrenière, chef de la direction de l’Association canadienne des entraîneurs, et présidente du Conseil international de l’excellence en entraînement; Anne Merklinger, qui dirige depuis longtemps le programme À nous le podium; Karen O’Neill, qui dirige le Comité paralympique canadien; et bien sûr, Kirsty Coventry, la première femme à présider le Comité international olympique.

Malgré l’abondance d’exemples de figures inspirantes, les femmes demeurent sous-représentées dans les fonctions de direction du coaching, à l’exception des rares cas susmentionnés.

L’article Ça fait partie du métier : travail émotionnel et soutien émotionnel chez les entraîneures de haute performance montre clairement que les exigences de cette profession sont nombreuses et complexes, en particulier pour les femmes, ce qu’elles expliquent avec force détails. À la lumière des « réalités du travail », les auteures examinent comment, dans de nombreuses situations, les entraîneures doivent gérer les émotions d’autrui – non seulement celles de leurs athlètes, mais aussi celles de leurs collègues, de leurs employeurs et des membres des conseils d’administration – tout en gérant leurs propres réactions émotionnelles. Il s’agit d’un domaine qui n’a guère retenu l’attention jusqu’à présent, mais dont l’importance ne doit pas être sous-estimée. Les auteures soutiennent qu’il est nécessaire de faire la distinction entre « travail émotionnel » et « soutien émotionnel » pour mieux comprendre l’étendue des efforts souvent invisibles déployés par les entraîneures, ainsi que la manière dont ce travail est vécu, valorisé et reconnu – ou ignoré – au sein et au-delà du milieu professionnel du coaching sportif.

Elles présentent des arguments convaincants et accompagnent leur thèse de recommandations concrètes qui visent, à juste titre, les organisations qui emploient des entraîneures. Comme il a déjà été dit, cette situation est depuis longtemps source de perplexité et d’inquiétude. Pour que le milieu du sport puisse attirer et retenir les entraîneures et leur offrir un environnement de travail sain et positif, il faut y apporter des changements significatifs, c’est une priorité immédiate. Si seulement… – Sheila Robertson, rédactrice en chef

Les avis exprimés dans les articles du Journal canadien des entraîneures sont propres aux auteurs et ne reflètent pas nécessairement les politiques de l’Association canadienne des entraîneurs.