L'Association canadienne des entraîneurs

Les réseaux sociaux expliqués aux entraîneurs

 

Cet article a originellement été publié par viaSport British Columbia et a été légèrement modifié pour Plan du coach.

On le sait tous que de nombreux entraîneurs considèrent les réseaux sociaux comme une fâcheuse distraction. Dans un monde où un seul gazouillis malencontreux a le potentiel de dévoiler un secret d’entraînement ou d’attirer une attention négative des médias sur l’équipe, les réseaux sociaux peuvent-ils être utiles à votre carrière d’entraîneur? Tout à fait!

Avec de la planification et en y pensant un peu, les réseaux sociaux peuvent complémenter votre arsenal d’entraîneur. Dans cet article, nous verrons comment éviter les pièges des réseaux sociaux et les exploiter afin de dynamiser votre équipe et d’interagir avec d’autres entraîneurs et athlètes.

Comment fixer des limites avec mes athlètes sur les réseaux sociaux?

Vous consultez vos courriels quand soudain vous recevez un avis d’invitation d’un athlète sur Facebook. Quelques autres athlètes sont déjà vos amis – c’était plus facile d’organiser les voyages pour des compétitions comme ça. Mais, que faire quand l’athlète en question est un mineur? Vous acceptez la demande de l’athlète? Vous ignorez sa demande et prétexterez que vous ne consultez plus votre compte Facebook? Ou encore, vous jetez votre ordinateur par la fenêtre, et bon débarras?

Le fait de fixer des limites avec vos athlètes sur les réseaux sociaux peut être délicat, mais pas nécessairement. Pour éviter de froisser quelqu’un, vous veillerez à vous interroger sur la façon exacte dont vous réagirez avant de vous retrouver dans cette situation. La décision d’interagir avec vos athlètes sur les réseaux sociaux est entièrement personnelle, mais c’est une décision qui doit tenir compte des facteurs suivants :

L’âge de vos athlètes : La plupart des experts en gestion du risque vous diront que les entraîneurs ne doivent pas interagir avec des athlètes mineurs sur les réseaux sociaux. Si vous le faites, assurez-vous de publier seulement des messages publics et dans des groupes de discussion (n’échangez pas des messages privés).

Votre approche pédagogique : 
Voulez-vous passer pour l’ami de vos athlètes? Comment les réseaux sociaux affecteront-ils l’image d’autorité que vous cherchez à incarner? Trouvez-vous important de jouer votre rôle d’entraîner dans toutes les interactions avec vos athlètes?

L’objectif de vos communications par les médias sociaux : Cherchez-vous à garder un œil sur vos athlètes ou à organiser la logistique au moyen de la messagerie instantanée de Facebook?

Voici quatre options qui s’offrent à vous dans vos interactions en ligne avec vos athlètes :

N’acceptez pas de demandes d’ajout et ne suivez pas les athlètes (ni les athlètes actifs) sur les réseaux sociaux.

Créez un compte séparé pour vos activités professionnelles.

Devenez ami avec les athlètes sur vos comptes personnels en mettant en place des balises strictes.

Devenez ami avec tous les athlètes sur tous vos comptes.

Parmi les quatre options, la moins populaire est celle de créer des profils distincts sur les réseaux sociaux pour vos activités professionnelles. Pourtant, cette option est souvent une solution élégante qui vous permet d’étendre la portée de votre rôle d’entraîneur sur l’espace virtuel tout en instaurant une séparation claire avec votre vie privée. Libre à vous de choisir l’option qui vous convient. Veillez juste à demeurer cohérent et à communiquer votre choix à vos athlètes dès le départ, ainsi vous éviterez d’offusquer quelqu’un ou de faire accuser de favoritisme.

Comment encourager mes athlètes à faire une utilisation avisée des réseaux sociaux?

Les jeunes adultes qui vivent au rythme effréné des réseaux sociaux ont de toute évidence bien des défis à relever. Les jeunes athlètes de haut niveau portent un fardeau plus lourd, parce qu’on les voit toujours comme des représentants de leur équipe, sport ou club et aussi parce qu’ils vivent sous l’œil des médias. Paradoxalement, le meilleur moyen d’aider vos athlètes à naviguer le monde virtuel intelligemment est de les déconnecter d’Internet.

Souvent, quand des entraîneurs abordent le sujet des réseaux sociaux avec leurs équipes, ils en parlent comme d’un nouveau phénomène qui suit un ensemble de règles distinctes. D’après certaines études, cette approche peut en fait aggraver le comportement virtuel, puisqu’elle encourage vos athlètes à voir les réseaux sociaux comme un moyen de communication fondamentalement différent des moyens concrets. La prévalence de la cyber-intimidation s’explique partiellement par le fait que beaucoup ne considèrent pas leur interlocuteur en ligne comme une personne « réelle » et peuvent penser qu’ils « jouent un jeu qui ne suit pas les règles de la vraie vie ». Une telle dissociation peut être problématique.

À la place, ayez une discussion avec vos athlètes sur une étiquette générale à adopter par l’équipe pour toutes les formes de communication, y compris les réseaux sociaux. En les impliquant dans la définition du code de conduite de l’équipe, vous les aiderez à s’approprier les règles, ce qui assurera une plus grande adhésion à celles-ci.

En parlant directement avec vos athlètes, vous obtiendrez une meilleure idée des problèmes qu’ils rencontrent dans leurs communications en ligne. Vos athlètes maîtrisent probablement mieux que vous les réseaux sociaux et utilisent peut-être même des plateformes que vous ne connaissez pas. Tant que vous n’aurez pas interrogé vos athlètes au sujet des conflits qu’ils rencontrent en ligne, vous ne saurez pas si l’un d’eux se sent écarté parce que ces coéquipiers ne l’incluent pas dans leurs publications sur Snapchat.

Voici quelques questions qui vous aideront à lancer la discussion :

• Comment doit-on traiter ses coéquipiers?
• Quel principe doit guider notre équipe? (l’équité, le respect, etc.)
• Comment allons-nous gérer les conflits dans l’équipe?
• Quelle sera notre attitude en cas de victoire ou de défaite?
• Quelle image voulons-nous que notre équipe projette?
• Quels problèmes de communication avez-vous rencontrés? Comment prévenir ces problèmes à l’avenir?
• L’équipe veut-elle garder certains renseignements confidentiels? (blessures, nouvelles techniques d’entraînement, etc.)

Puisez dans les réponses de vos athlètes pour préparer un code de conduite de l’équipe que tous doivent signer. Advenant des problèmes, vous aurez un point de repère sur la conduite appropriée à imposer. Vous avez aussi le choix d’instaurer des mesures disciplinaires pour toute infraction à ces règles ou de les gérer de façon ponctuelle.

Dois-je surveiller les profils de mes athlètes sur les réseaux sociaux?

Les entraîneurs et administrateurs de la National Collegiate Athletic Association (NCAA) ont fait les manchettes pour avoir demandé le mot de passe des comptes sociaux de leurs étudiants-athlètes afin de pouvoir surveiller leurs activités en ligne. Certains établissements universitaires interdisent même à leurs étudiants-athlètes d’utiliser les réseaux sociaux.

La question de savoir si un employeur ou un entraîneur a le droit de surveiller les activités de leurs employés ou athlètes sur les réseaux sociaux est un sujet qui fâche… et une zone d’ombre juridique. Aux États-Unis, de nombreux juristes croient qu’une telle pratique brime la liberté d’expression de l’athlète et pourrait s’avérer inconstitutionnelle.

Au lieu de surveiller les activités de vos athlètes sur les réseaux sociaux, il serait probablement plus judicieux de prendre les devants et de les sensibiliser à la conduite acceptable sur les réseaux sociaux. Le jour où un problème survient, rapportez-vous au contexte du code de conduite général de votre équipe pour le résoudre. Après tous, comme le disent les spécialistes comme Jonathan Peters, avocat en droit des médias et ancien hockeyeur pour l’Université d’Ohio, les problèmes rencontrés sur les réseaux sociaux trouvent souvent leur cause dans des frustrations bien réelles. Par exemple, l’athlète qui se plaint de son partenaire d’entraînement sur Twitter est probablement le même qui affiche des comportements négatifs durant les entraînements.

Comment utiliser les réseaux sociaux pour rehausser ma carrière d’entraîneur?

En les utilisant de façon judicieuse, les réseaux sociaux peuvent vous aider à connaître d’autres entraîneurs, de suivre les avancées de la science du sport, de découvrir des subventions, des ateliers en entraînement, des séminaires, entre autres. L’énergie que vous voulez consacrer aux réseaux sociaux dépend de plusieurs facteurs, notamment :

• le temps dont vous disposez;
• vos objectifs quant à ces réseaux.
• Les sites qui vous aideront à atteindre ces objectifs.
• Si vous souhaitez créer des comptes professionnels sur ces réseaux.

Rappelez-vous, les réseaux sociaux sont d’autant plus utiles pour engager des conversations et non pour des monologues. Alors, assurez-vous de suivre la règle 80/20. Seulement 20 % de votre contenu devrait parler de vous et le 80 % restant devrait constituer des interactions pertinentes avec les autres.

Pour vous aider à tirer le maximum de vos efforts sur les réseaux sociaux, nous avons recueilli les meilleures pratiques pour les entraîneurs selon la plateforme :

LinkedIn

De nombreux utilisateurs du réseau LinkedIn déplorent le « brouhaha » et les affichages d’autopromotion excessifs, ce qui rend difficiles les conversations pertinentes. Voici quelques conseils afin de s’y retrouver :

• Échangez avec les autres entraîneurs en les ajoutant à votre réseau. Mais, rappelez-vous d’envoyer une demande seulement à ceux que vous connaissez déjà.
• Joignez de groupes pour rencontrer des entraîneurs d’autres coins du monde. Ciblez les groupes qui sont actifs et dont les commentaires sont pertinents.
• Trouvez des groupes en cherchant ceux dont font partie vos collègues.
• Recommandez ou appuyez vos pairs entraîneurs. Ils vous renverront probablement la pareille.
• Soyez exact et succinct en remplissant votre profil. Si vous êtes en recherche d’emploi, veillez à rechercher et utiliser les mots-clés les plus répandus dans votre domaine.

Twitter

Selon de nombreux entraîneurs qui utilisent Twitter, il s’agit du meilleur outil pour rester en contact avec les personnes en dehors de votre sphère d’influence. Voici quelques conseils d’utilisation de l’outil :

• suivez d’autres entraîneurs, organismes nationaux de sport (ONS), organismes de services multisports (OSM), organismes provinciaux et territoriaux de sport (OPTS), instituts du sport, organismes de recherche en sport, par exemple, pour être au courant de conversations et d’articles intéressants.
• servez-vous des listes Twitter pour créer des listes de vos comptes préférés en entraînement et consultez-les pour ne rien rater d’intéressant.
• réagir rapidement à toutes les interactions.

Blogage

Le blogage constitue un excellent moyen de vous établir comme expert dans votre domaine et même d’attirer l’attention des médias, puisque ceux-ci vont souvent lancer une recherche dans Google pour trouver des spécialistes pour leurs débats et leurs émissions d’information.

• Si vous avez d’excellentes aptitudes en écriture, essayez un blog traditionnel. Si vous n’êtes pas certain de vos aptitudes, optez plutôt pour un blogue vidéo ou un balado.
• Vous pouvez lancer votre propre blogue à partir de plateformes telles que Blogger, ou de celles de votre ONS ou OPTS. Le blogage sous couvert d’un autre organisme augmente votre public, car vous pouvez puiser dans l’auditoire de celui-ci sur les réseaux sociaux.
• Pensez à faire la promotion de votre blogue sur vos réseaux sociaux.