L'Association canadienne des entraîneurs

Roger Archambault, EPA - Biathlon

Recherchez la simplicité!

On affirme souvent que les programmes d’entraînement conçus pour des adultes ou des athlètes de haut niveau ne devraient pas être imposés aux athlètes en développement; dans la même optique, le stade de développement devrait également être pris en considération lorsque l’on choisit l’équipement et que l’on propose des solutions technologiques. C’est la responsabilité de l’entraîneur ou de l’entraîneure d’analyser la situation et de faire la part des choses.

En tant qu’entraîneurs et entraîneures, nous nous laissons souvent submerger par les détails. Nous passons tellement de temps à réfléchir aux moyens qui nous permettraient d’obtenir la meilleure performance possible de la part des athlètes et de l’équipement qu’il nous arrive parfois d’en faire trop. Comme l’a déjà dit Albert Einstein : «Tout devrait être le plus simple possible, mais pas plus simple qu’il ne le faut.»

En ce qui concerne les sports nordiques, la salle de fartage est propice à la surenchère lorsqu’il est question d’analyse, d’ingénierie et de dépenses. Vous et vos athlètes pouvez consacrer deux minutes et deux dollars au fartage... ou encore une heure et plus de cent dollars. Lorsqu’on sait qu’environ seulement 10 à 15 p. 100 de la performance d’un ski est attribuable au fartage, il semble absurde de vouer un temps considérable à cette tâche, particulièrement lors des séances d’entraînement et des compétitions de niveau développement. Avec cela en tête, suivez les conseils sur le fartage ci-après et vous économiserez du temps et de l’argent.

  • Tenez compte de la qualité de la neige lorsque vous préparez vos séances d’entraînement. Par temps doux ou sur une surface glacée, vous aurez besoin de klister si vous utilisez des skis classiques et, comme l’application de celui-ci prend plus de temps, il serait judicieux de plutôt opter pour une séance de ski de patinage. À l’inverse, pour qu’un ski de patinage glisse bien sur de la neige très froide, vous devrez passer davantage de temps dans la salle de fartage; prévoyez plutôt une séance de ski classique car il est facile d’appliquer un fart de retenue lorsqu’il fait froid!
  • Suggérez à vos jeunes athlètes d’utiliser des skis classiques sans fart. Souvent appelés «skis à écailles de poisson», leur zone de poussée texturée ne nécessite aucun fart et offre une très bonne retenue dans la plupart des conditions. Plusieurs de nos biathlètes utilisent cette technologie pour faciliter la préparation à l'entraînement classic.
  • Il n’est jamais facile de trouver LA bonne solution lorsque l’on utilise un fart de retenue. Vous pourriez recourir à une option répandue et durable comme une bande antidérapante. Elle est facile à appliquer, n’a pas à être remplacée avant des centaines de kilomètres et offre généralement une bonne retenue, que la température soit supérieure à 0 oC ou inférieure à 20 oC. Vous économiserez du temps et de l’argent, surtout si vos athlètes ne skient pas à tous les jours. Assurez-vous simplement de garder les skis propres et loin de la poussière et des cheveux afin que les saletés ne n’accumulent pas sur la bande. Il est toujours recommandé de garder vos ski attachés et dans un sac.
  • N’oubliez pas que les farts fluorés, qui sont plus coûteux, ne permettent habituellement de réaliser des gains considérables que sur une neige humide ou quant les pistes sont mouillées. Étant donné que nos hivers canadiens sont secs et froids, si vous travaillez avec de jeunes athlètes, le coût supplémentaire et les risques pour la santé ne justifient pas vraiment l’utilisation d’un fart fluoré. Il est d’ailleurs rare que les jeunes athlètes perçoivent une différence entre la performance d’un fart fluoré et d’un fart qui ne contient pas de fluor. En bref, le coût n’est pas toujours gage de bons résultats.
  • Adressez-vous à votre fédération de sport afin de l’encourager à appliquer une politique interdisant les farts fluorés ou préconisant les farts qui contiennent peu de fluor lors des épreuves de course. Dès lors, le fartage nécessitera moins de temps, d’argent et de maux de tête. Une telle approche permettra en outre de mettre l’accent sur les habiletés des athlètes participants, de libérer du personnel qui pourra apporter un soutien accru aux athlètes et d’atténuer l’avantage indu que procure parfois un programme de fartage plus complet. Biathlon Canada utilise une politique semblable depuise less sélections Olympiques de 1998. Elle fait en sorte que l'accent reste sur la performance en tir et en skis et aussi à la très importante sélection des skis.

En conclusion, qu’il s’agisse d’un fart sophistiqué, d’un vélo coûteux ou du dernier modèle de chaussures, les entraîneurs et les entraîneures doivent prendre du recul et réfléchir à l’influence que leurs conseils aura sur les athlètes. Pour paraphraser ce bon vieil Einstein, votre équipement devrait être le plus simple possible, mais pas plus simple qu’il ne le faut. De plus, à titre d’entraîneur ou d’entraîneure, il serait sage que vous réfléchissiez à l’analogie du rendement de l’investissement : les gains que vos athlètes obtiennent en consacrant du temps et de l’argent à un meilleur équipement sont rarement aussi importants que ceux qu’ils et elles pourraient réaliser en consacrant autant de temps et d’argent à l’encadrement par de meilleurs entraîneurs et entraîneures, à de meilleures séances d’entraînement et à de meilleures compétitions.