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Faits et statistiques

Des faits et des questions

  • Les femmes veulent-elles vraiment faire carrière en tant qu'entraîneures et passer beaucoup de temps loin de chez elles?

    Y a-t-il vraiment des entraîneures et des entraîneurs qui veulent passer beaucoup de temps loin de leur foyer? L'entraînement de haut niveau exige d'effectuer de longs voyages et de s'absenter pendant des périodes prolongées, ce qui peut causer du stress au sein de la famille. C'est un facteur important pour tous les entraîneurs et toutes les entraîneures.

    Bien que l'on suppose généralement que les femmes jouent un rôle primordial dans les soins apportés aux enfants, il peut en être autrement dans certaines familles, et ce ne sont pas toutes les entraîneures qui ont de jeunes enfants. Le cas échéant, l'entraînement peut quand même être une priorité pour ces femmes. Après tout, les hommes qui ont une famille peuvent faire de leur carrière d'entraîneur une priorité. On voit de plus en plus d'athlètes féminines de haut niveau ayant de jeunes enfants qui combinent leur carrière athlétique avec leur vie familiale malgré le temps passé loin du foyer. Les athlètes féminines et les entraîneures sont capables d'établir leurs priorités personnelles et de poursuivre la carrière qu'elles ont choisie. Il serait déraisonnable de penser que la création de programmes et de politiques pour soutenir la carrière des entraîneures de haut niveau ne servirait à rien en supposant qu'elles ne voudraient pas s'éloigner de leur famille.

    Dans le Journal canadien des entraîneures (avril 2008), des entraîneures de tous les niveaux de la profession ont fait part à l’auteure Sheila Robertson de plusieurs recommandations qui devraient être mises de l’avant par les organismes de sport, avec l’aide financière de Sport Canada et des gouvernements provinciaux et territoriaux, afin de former et de soutenir les entraîneures.

    MENTORAT
    Établir
    un programme de mentorat qui aide les entraîneures à comprendre le chemin qu’elles doivent emprunter pour obtenir des postes dans différents contextes, soit les clubs, le niveau provincial et la haute performance (Journal canadien des entraîneures, novembre 2001).
    Jumeler de jeunes entraîneures avec des entraîneures ou entraîneurs plus expérimentés afin qu’elles puissent discuter d’enjeux professionnels.

    BESOINS LIÉS AUX ENFANTS
    Offrir des services de garde au personnel entraîneur.
    S’assurer que les entraîneures gardent le contact avec leur organisation sportive pendant leur congé de maternité et continuent de s’y impliquer.
    Permettre une réduction provisoire des heures de travail afin que les femmes puissent s’occuper de questions familiales.
    Fournir des services de garde lors des compétitions importantes et des stages d’entraînement.
    Être en faveur des entraîneures qui amènent leur bébé lors des séances d’entraînement, des compétitions et des stages d’entraînement, et leur offrir des services de garde appropriés.

    RECRUTEMENT
    Encourager les jeunes athlètes féminines à se tourner vers l’entraînement, leur offrir des occasions de mentorat et faire preuve de franchise quant aux problèmes auxquels elles seront confrontées, particulièrement en ce qui concerne la garde des enfants.
    Offrir des incitatifs financiers afin de rendre une carrière en entraînement possible.
    Créer des perspectives de carrière pour les entraîneures et en faire la promotion.
    Trouver des moyens plus efficaces pour intéresser davantage de jeunes femmes à l’entraînement.
    Faire connaître les avantages que le sport de haut niveau procure à l’ensemble de la collectivité.
    Écarter l’esprit de division en vertu duquel un gouvernement en affronte un autre, que ce soit au niveau fédéral, provincial/territorial ou municipal.

    CONDITIONS DE TRAVAIL
    Offrir des heures d’arrivée et de départ flexibles.
    Restreindre la pratique active de l’entraînement à 20 heures par semaine afin que les entraîneures puissent travailler à obtenir leur certification du PNCE et assumer leurs responsabilités administratives.
    Modifier la structure traditionnelle et tenir des séances d’entraînement en milieu de journée.
    Veiller à ce que les entraîneures soit qualifiées, bien organisées et rémunérées en fonction de leur niveau de compétence.
    Appuyer les organisations qui soutiennent les entraîneures.
    Proposer des crédits de voyage aux entraîneures.

    FORMATION PROFESSIONNELLE
    Organiser
    des cliniques d’entraînement présentées par des instructrices.
    Intégrer la gestion d’entreprise à la formation dispensée par le PNCE.
    Faire connaître les initiatives du programme Les entraîneures à plus grande échelle, notamment en ce qui a trait aux subventions et aux bourses d’études disponibles.
    Élaborer et commercialiser un séminaire portant sur les enjeux émotionnels et pratiques auxquels sont confrontées les entraîneures qui effectuent un retour au travail.
    Raconter les expériences vécues par les entraîneures afin de démontrer qu’il est à la fois possible d’être mère et entraîneure.
    Donner aux entraîneures l’occasion d’interagir avec d’autres entraîneures et entraîneurs dans le cadre de symposiums et de séminaires/colloques.
     

  • Pourquoi les entraîneures devraient être traitées différemment des entraîneurs?

    La réponse est simple. De nos jours, rien ne facilite l'augmentation du nombre de femmes entraîneures ou ne motive celles qui sont déjà entraîneures à demeurer engagées. Y a-t-il des gens qui croient vraiment que les femmes préfèrent avoir moins de reconnaissance, moins de pouvoir, moins d'argent et moins de choix que les entraîneurs masculins? Les pratiques discriminatoires dans le sport et la position des femmes dans l'ensemble de la société indiquent que les femmes sont désavantagées dans le système sportif. Nous avons besoin de politiques et de programmes pouvant changer le système. Ce serait de la démence que de continuer à faire les choses de la même façon et d'espérer un changement dans le statu quo. Si nous voulons changer les choses, il faudra une approche différente, ce qui comprend la création de programmes qui soient conçus spécifiquement pour cadrer avec l'expérience des femmes.

    Afin d'obtenir un système équitable, des mesures spéciales sont parfois requises pour offrir une égalité d'accès aux femmes et aux hommes pour participer au sport et occuper des postes de responsabilité. L'égalité d'accès n'existe toujours pas de nos jours et un certain rattrapage doit être soutenu pour y arriver. Au Canada, la Charte canadienne des droits et libertés et la législation sur les droits de la personne fournissent un fondement juridique pour les programmes qui sont spécialement conçus pour changer l'état actuel de la position des femmes ou d'autres groupes sous-représentés.

    S'il doit y avoir un changement du nombre de femmes entraîneures et dans leur façon de participer à l'encadrement sportif, nous devons cesser de penser que ce sont les femmes ou les hommes qui sont à l'origine du problème. Nous devons comprendre que la structure du sport n'est pas neutre, que les organisations sont structurées selon une vision de la réalité empreinte de préjugés sexistes et que les solutions individuelles n'entraîneront pas de changements durables pour les entraîneures et les rôles de premier plan dans le sport.

    Si nous ignorons ou refusons d'admettre le besoin pour des structures organisationnelles qui coordonnent le travail et la vie familiale de façon à permettre aux hommes et aux femmes d'y participer facilement, et si nous supposons que les idéaux que nous avons établis sont non sexistes, nous ne pourrons pas concevoir de vraies solutions. Nous devons consentir à examiner nos idées les plus ancrées pour décrire le processus et les habiletés nécessaires à l'entraînement. 

  • Pourquoi devrions-nous essayer d'accroître le nombre d'entraîneures?

    Premièrement, les femmes sont une ressource inexploitée dans de nombreux sports. Bien que les athlètes féminines constituent 50 p. 100 (et quelquefois plus) des membres de beaucoup d'équipes nationales, le pourcentage de femmes entraîneures à ce niveau est beaucoup plus faible. Compte tenu du grand nombre de femmes ayant du succès dans la compétition de haut niveau et du petit nombre d'entre elles qui font carrière dans l'entraînement, il y a une perte énorme des connaissances et de l'expertise potentielle en matière d'entraînement pour tous les sports.

    Deuxièmement, il est bien connu que les femmes ont une expérience de vie différente ainsi qu'une expérience en direction, des valeurs et des attitudes autres que celles des hommes. Une des raisons pour lesquelles les sociétés se sont concentrées sur l'avancement des femmes à des postes de direction est d'assurer qu'elles ont toute une gamme de perspectives disponibles pour faire face aux défis de l'entreprise. Le sport devrait être également plus actif dans l'exploitation de l'expérience et de l'expertise que les femmes peuvent apporter au monde de l'entraînement.

    En plus de l'augmentation du nombre de femmes entraîneures, nous devrions examiner nos modèles actuels. Les idées acceptées relatives au leadership sont en train de changer. La vision traditionnelle du leadership a été fondée sur les valeurs masculines de la rationalité (tout doit être basé sur la raison), la compétition (les plus forts seulement survivent) et l'indépendance (faire cavalier seul). Ces idées ont façonné la culture d'un grand nombre de nos organisations, y compris celles du sport. Lorsque nous essayons simplement de faire cadrer les femmes avec ce modèle actuel du leadership, elles sont souvent isolées, reçoivent peu de soutien, ont des chances limitées et quittent le domaine, perpétuant ainsi l'opinion courante que les femmes «ne peuvent faire face à la pression».

    Nous devons voir le sport et l'entraînement de façon différente. Nous devons nous questionner sérieusement et élaborer ensuite des modèles d'entraîneurs pouvant s'adapter autant aux hommes qu'aux femmes. 

  • Pourquoi est-ce si important d'accroître le nombre de femmes entraîneures au sein des équipes nationales?

    Le manque d'entraîneures à l'échelle des équipes nationales signifie une perte des connaissances, d'une expertise et d'une optique différente de celle des hommes. Le faible nombre d'entraîneures se traduit par un manque de modèles de comportement pour les athlètes féminines. Ces facteurs contribuent au maintien de la sous-représentation des femmes dans le domaine de l'entraînement. Ce faible nombre renforce également les idées existantes relatives au manque d'intérêt des femmes pour l'entraînement à ce niveau.

    L'entraînement à l'échelle des équipes nationales représente un niveau très visible du sport et ce qui s'y passe est souvent reflété dans les autres niveaux du sport. Par conséquent, si un effort est concentré sur l'augmentation des femmes entraîneures dans les équipes nationales, il y aura des répercussions positives pour tous les autres niveaux sportifs. 
     

  • Est-il vraiment important que l'entraîneur soit un homme ou une femme? Ne devrions-nous pas embaucher le meilleur candidat ou la meilleure candidate pour l'emploi?

    «Meilleur» représente un mot pouvant nous causer bien des problèmes. La façon de définir ce mot varie selon notre propre expérience, nos valeurs et nos attitudes. Il existe également des idées préconçues qui définissent ce qu'est un ou une leader efficace. Ces idées changent tout comme celles de la société qui définissent les qualités requises pour être le meilleur leader ou la meilleure entraîneure.

    Nous voulons bien sûr les meilleurs entraîneurs et entraîneures pour travailler avec nos équipes et nos clubs. Ce sont ces individus qui détiennent l'expérience, les habiletés, les qualifications, les valeurs et les attitudes les plus appropriées dans un contexte précis d'entraînement.
     

  • Où est-il écrit qu'il faut que les athlètes féminines soient entraînées par des entraîneures?

    Il n'y a visiblement pas de règles qui affirment que les athlètes féminines soient entraînées par des femmes entraîneures. Les entraîneurs et entraîneures qui ont travaillé avec des athlètes des deux sexes diront qu'ils entraînent les filles et les femmes de façon différente des garçons et des hommes. Pourquoi? L'expérience de vie des filles et des femmes est différente de celle des garçons et des hommes; il est généralement reconnu que les femmes ont une constitution psychologique différente. Si nous reconnaissons qu'un entraînement efficace requiert autant une préparation psychologique qu'une préparation physique, il est donc évident qu'il faut comprendre comment une athlète aborde mentalement son sport. Le fait d'avoir grandi en étant une femme offre une compréhension unique du processus mental et de sensibilité que les filles et les femmes apportent aux sports de compétition. Cela peut donc être un avantage important et une expérience très positive.

    Est-ce que cela veut dire que les hommes ne peuvent entraîner les femmes? Bien sûr que non. Il existe de nombreux programmes très productifs dont les entraîneurs sont des hommes.

    Étant donné le manque d'entraîneures, il est fort probable que bien des équipes de filles et de femmes seront entraînées par des hommes. Cependant, il est important de ne pas sauter à la conclusion que le meilleur entraîneur sera toujours un homme.
     

  • Pourquoi élaborer des programmes destinés aux femmes seulement? N'est-ce pas mettre en place les femmes pour des postes auxquels elles ne sont pas vraiment prêtes?

    Il est difficile de comprendre que l'on puisse créer un programme pour aider une personne à échouer. Il n'est pas non plus logique de mettre en place des programmes pour aider les entraîneurs et entraîneures à jouer un rôle pour lequel ils sont déjà préparés. Les programmes destinés aux femmes seulement ont donc été mis en place pour encourager les femmes qui ne sont «pas encore prêtes» à occuper des postes d'entraîneures de niveau plus élevé et leur offrir un programme de rattrapage. Ces programmes fournissent un encadrement et des activités de perfectionnement professionnel qui permettent aux femmes d'accélérer le développement de leurs capacités en matière d'entraînement.

    Les organismes nationaux de sport utilisent les critères des programmes établis dans leur processus de sélection afin de choisir les candidats et candidates qui ont la capacité à développer le sport de haut niveau et à y contribuer.

    Pour obtenir un système équitable, des mesures spéciales sont quelquefois requises afin de fournir l'accès [aux sports] aux femmes et aux hommes et de leur permettre de tenir des postes de responsabilité. L'égalité d'accès n'existe pas encore de nos jours et un certain rattrapage doit être soutenu afin d'y arriver. La Charte canadienne des droits et libertés et la législation des droits de la personne reconnaissent ce besoin et fournissent un fondement juridique pour les programmes qui sont spécialement conçus pour changer la position actuelle des femmes ou des autres groupes sous-représentés.
     

  • Les femmes qui entrent dans les rangs de l'entraînement devront éventuellement perfectionner leur façon de faire. Pourquoi se soucier des programmes de rattrapage lorsqu'on sait que le changement s'opérera naturellement et en temps opportun?

    Il n'y a pas beaucoup d'exemples qui prouvent que l'approche attentiste ait produit des changements importants. Cette approche est basée sur l'hypothèse que le statu quo est bénéfique autant pour les hommes que pour les femmes. On peut vérifier cette hypothèse à partir de deux points de vue.

    Selon une perspective axée sur la personne, la représentation limitée des femmes est attribuée aux facteurs internes. On suppose que les femmes n'ont pas la formation appropriée, la motivation et les habiletés pour poursuivre une carrière en entraînement. À partir de ce point de vue, nous analysons le manque de femmes entraîneures en délimitant les facteurs internes hypothétiques et l'impact de l'embauche, de la promotion et du perfectionnement professionnel. Nous démontrons alors que les femmes et les hommes diffèrent ou non dans leurs habiletés, ou nous montrons aux femmes comment acquérir les habiletés, les attitudes et la motivation pour réussir.

    Nous supposons que les femmes doivent changer afin de s'adapter à la profession d'entraîneure. Les structures des organisations sportives sont prises telles quelles, et les hommes et les femmes doivent s'y adapter. En raison de leur socialisation, les hommes cadrent généralement mieux que les femmes avec ces structures. Si elles veulent y participer, les femmes doivent changer afin de s'adapter au système.

    Nous croyons que nous faisons actuellement tout pour augmenter le nombre de femmes à des postes d'entraîneures à l'échelle nationale et internationale. Nous saisissons toutes les occasions pour prouver que les femmes et les hommes ne sont pas différents dans leurs habiletés pour entraîner lorsqu'ils ont des rôles similaires. Nous déterminons les compétences requises pour devenir entraîneur ou entraîneure de haut niveau. Nous offrons des programmes qui accélèrent le processus d'apprentissage. Jusqu'à présent, il n'y a toutefois pas eu d'augmentation importante du nombre d'entraîneures à ce niveau, malgré nos efforts. Certaines femmes réussissent, et ce fait nous permet de conclure que le problème ne provient pas du système et que la plupart des femmes ne veulent pas être des entraîneures à l'échelle des équipes nationales. Ces conclusions sont-elles sensées?

    Selon une perspective axée sur l'organisation, nous pourrions apporter comme argument que les structures et les systèmes organisationels forment le comportement des gens et engendrent les différences dans la façon de participer ou de contribuer à une organisation qu'ont les hommes et les femmes. Les femmes risquent plus de se retrouver à des postes leur offrant moins de possibilités et moins de pouvoir et d'être proportionnellement sous-représentées lors du processus décisionnel. Ce point de vue vise à changer l'organisation elle-même plutôt que les femmes (ou les hommes) qui oeuvrent au sein de celle-ci. Les changements apportés à l'intérieur d'une organisation auront pour effet de changer le comportement des hommes et des femmes.

    Dans le domaine sportif, nous trouvons peut-être que les femmes ne sont pas suffisamment présentes dans les structures décisionnelles. Par conséquent, le point de vue des femmes n'est pas entièrement reflété dans les structures et les systèmes organisationnels.

    Étant donné que nous continuons de repenser le leadership, les valeurs et la profession de l'entraîneur et de l'entraîneure, les attributs et les caractéristiques du modèle masculin traditionnel de leader ont certainement besoin d'être réévalués et modifiés. La nouvelle forme de leadership sera caractérisée par une plus grande attribution des pouvoirs, des moyens permettant aux entraîneurs et entraîneures, aux collègues et aux athlètes de se réaliser, la promotion de la confiance en soi et l'élaboration d'une vision organisationnelle qui incorpore les buts, les besoins et les valeurs des chefs et des sympatisants, des filles et des garçons, des femmes et des hommes. Cela nécessitera sans aucun doute que les organisations adoptent de nouvelles valeurs et qu'elles agissent différemment.
     

  • Pourquoi n'y a-t-il pas plus d'athlètes féminines de haut niveau qui deviennent entraîneures après avoir arrêté la compétition?

    C'est une bonne question. Beaucoup d'expériences en compétition de haut niveau ne sont pas utilisées dans le domaine de l'entraînement parce que les anciennes athlètes des équipes nationales choisissent une autre profession.

    Un manque de modèle de comportement est peut-être une des raisons pour lesquelles les membres féminins des équipes nationales ne font pas carrière dans l'entraînement. Lorsqu'une femme a toujours eu des entraîneurs masculins, il est difficile pour elle de s'imaginer dans ce rôle.

    Peut-être que l'absence de programmes spécifiques recrutant les membres des équipes nationales pour l'entraînement est une autre raison. Des programmes spécialement conçus à cette fin peuvent certainement avoir un impact positif.

    Les athlètes qui ont eu des problèmes au cours de leur carrière en compétition, que ce soit une mauvaise relation avec un entraîneur ou une entraîneure, un conflit avec une organisation sportive ou un manque de soutien financier, peuvent être réticentes à demeurer dans cet environnement. Lutter pendant de nombreuses années malgré une situation financière pauvre ne motive pas une athlète à poursuivre une carrière dans l'entraînement; une gratification financière, pour la plupart, ne correspond pas aux demandes ou aux attentes du poste. Le manque général de valorisation de la profession d'entraîneure, les salaires et les conditions de travail peuvent aussi avoir un impact négatif.

    Peu importe la raison, cette question vaut d'être approfondie.
     

  • Nous n'avons pas suffisamment de programmes pour les entraîneurs et entraîneures en ce moment. Pourquoi les ressources de grande valeur devraient-elles être orientées vers une si petite partie du monde de l'entraînement?

    Les frais représentent l'éternel argument utilisé pour éviter le changement. Si l'équité et la justice sont les otages de l'aspect financier, il est difficile de les obtenir. Les programmes de pleine équité requièrent des ressources financières. Les préoccupations financières cachent souvent une situation gagnant-perdant qui suppose que plus il y a de fonds attribués aux femmes et à leurs programmes, moins il y a de fonds pour les hommes et leurs programmes. Ceci n'est pas nécessairement vrai. Au fil du temps, la participation accrue des femmes peut se solder par une assise financière plus importante pour l'ensemble d'une organisation.

    Il y a aussi des coûts reliés à l'iniquité. En n'encourageant pas les femmes à se joindre au monde de l'entraînement, une vaste gamme de talents inexploités est perdue.

    En utilisant les frais comme excuse, on retourne au vieux dilemme de l'oeuf et de la poule. Si nous ne brisons pas ce cycle, la situation ne changera jamais.
     

  • Les programmes spéciaux pour les entraîneures ne constituent-ils pas une discrimination à rebours?

    Lorsque les gens parlent de «discrimination à rebours», ils affirment que l'état actuel des choses est correct pour l'instant et que les changements viendront naturellement et lentement au fil du temps. Ils ont peur d'accélérer le processus et que tous les avantages dont certains profitent actuellement leur soient retirés. Une façon éprouvée d'éliminer le déséquilibre soutenu par les traditions dépassées est de cibler certains groupes et leur offrir des mesures spéciales. Ceux qui profitent actuellement des avantages doivent apprendre à partager les ressources et les programmes existants. Étant donné que nous voulons mettre en place un système sportif dans lequel toutes les personnes ont la possibilité de participer, ce sont les femmes et les autres groupes présentement sous-représentés qui ont besoin d'un soutien.
     

  • Je ne veux pas faire partie d'un programme spécial; je veux être traitée de la même façon qu'un homme et faire mon travail de la même manière.

    La participation à un programme d'encadrement sportif devrait toujours être un choix personnel. Les programmes spéciaux représentent un moyen d'aller au-delà des solutions individuelles. Si chaque entraîneure doit trouver sa propre solution, cela demandera beaucoup d'efforts. Les solutions individuelles ne résoudent pas les problèmes sociaux. Sans une vision plus large, les solutions individuelles nous enracinent là où nous sommes plutôt que de nous faire avancer vers un changement important. Une vision plus large et des solutions structurelles pour permettre aux femmes de faire carrière en tant qu'entraîneure tout en ayant une famille sont les seules façons d'apporter des changements à long terme et d'offrir un soutien accru.

    Les questions sous-jacentes relatives à l'augmentation de la représentation des femmes au sein du monde de l'entraînement sont profondément ancrées dans la culture du sport et de chaque organisation sportive. Seule une initiative intégrée visant un changement systématique - ce qui inclut un engagement généralisé et une responsabilité partagée pour l'action et les résultats - permettra au sport et aux athlètes de profiter vraiment des talents des entraîneures.

 



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