L'Association canadienne des entraîneurs

Duff Gibson - Skeleton

L’utilité de l’échec

Les reculs, les déceptions et les échecs patents, ou plus précisément, les réactions qu’ils produisent chez ceux et celles qui les subissent, sont des événements qui jouent un rôle déterminant dans le développement sportif. Beaucoup d’illustres athlètes, y compris certains et certaines ayant acquis le statut de légende dans leur sport, ont connu des échecs spectaculaires au cours de leur carrière – on n’a qu’à penser à Michael Jordan et Muhammad Ali. Veiller à ce que la pratique du sport soit une source de plaisir et enseigner aux athlètes à réagir adéquatement aux échecs sont deux des plus importants services qu’un entraîneur ou une entraîneure peut rendre aux jeunes avec qui il ou elle travaille.

Dans son livre Mindset, la chercheure de renom Carol Dweck explique que les gens tendent à avoir deux attitudes devant l’échec. Les personnes qui ont une mentalité invariable croient que les habiletés sportives sont innées. L’échec est alors synonyme d’humiliation car il révèle un manque de talent et doit donc être évité dans toute la mesure du possible. Par ailleurs, les personnes qui ont une mentalité variable croient que les habiletés sportives peuvent être améliorées grâce à un travail acharné et à la volonté. Elles voient ainsi l’échec comme une étape du processus d’amélioration.

Vous vous dites probablement que les athlètes d’élite comprennent déjà ces concepts, et vous avez raison. Mais qu’en est-il des jeunes athlètes qui se sont peut-être fait dire à de multiples reprises qu’ils et elles avaient du talent ou «ce qu’il faut pour réussir»? En m’appuyant sur mon expérience personnelle, je pourrais ajouter que plus un ou une athlète vieillit, plus il lui est difficile de modifier sa mentalité. Sachant ceci (sans exclure d’autres facteurs), on peut alors affirmer que les entraîneurs et les entraîneures qui œuvrent auprès des jeunes et des athlètes en développement assument l’une des responsabilités les plus importantes qui soient.

Piste de réflexion : Dans son livre Bounce, Matthew Syed avance une observation intéressante à propos de la championne olympique de patinage artistique de 2006, la Japonaise Shizuka Arakawa. Il relate les années qu’Arakawa a consacrées à son sport, sa volonté farouche de dépasser ses limites et son attitude vis-à-vis son incapacité à réussir des sauts de plus en plus difficiles. Avant de devenir la meilleure au monde, Arakawa a probablement raté plus de sauts que qui que ce soit au monde.

Pour poursuivre votre lecture sur l’utilité de l’échec, consultez le blogue de Duff (en anglais seulement) : http://sportatitsbest.com/2010/12/14/75-michael-jordan-and-the-fear-of-failure/.